Girardin industriel : comment choisir son opération et son opérateur

Comment choisir une opération de Girardin industriel ? Ce dispositif de l’article 199 undecies B du Code général des impôts permet de réduire votre impôt sur le revenu en finançant, comme associé d’une société, du matériel productif neuf loué à une entreprise d’outre-mer. Il n’y a pas de « meilleur » Girardin dans l’absolu : le taux de la réduction d’impôt est fixé par la loi, le même quel que soit le monteur ; ce qui varie d’une opération à l’autre, ce sont l’écart entre la réduction et l’apport, les frais, l’exploitant et le matériel financés, et la portée des garanties proposées.

Sa particularité parmi les niches fiscales : la réduction d’impôt peut dépasser la somme engagée, l’écart constituant le gain éventuel de l’opération. Cet écart est fixé par chaque opération et n’est pas garanti. En contrepartie, l’apport est versé à fonds perdus : vous ne le récupérez pas, et la réduction peut être reprise si une condition cesse d’être remplie pendant la durée d’engagement ; ce risque de reprise reste personnel. Notre simulateur permet d’estimer une opération sur votre situation, à partir d’hypothèses que vous choisissez ; voir aussi les avantages et inconvénients de la loi Girardin.

Cette page présente le fonctionnement du dispositif, ses conditions, ses risques et les critères pour comparer les opérations et les monteurs.

Main tenant une médaille dorée
Le Girardin industriel : une réduction d’impôt en contrepartie d’un apport à fonds perdus.

Comprendre le principe du Girardin industriel

Définition et fonctionnement

Le Girardin industriel est la réduction d’impôt sur le revenu prévue par l’article 199 undecies B du CGI pour les investissements productifs neufs réalisés outre-mer, dans une entreprise exerçant une activité agricole, industrielle, commerciale ou artisanale. Dans le schéma proposé aux particuliers, le matériel est loué pendant au moins 5 ans (ou sa durée normale d’utilisation si elle est inférieure) à une entreprise exploitante ; dans les départements d’outre-mer, cette entreprise doit avoir réalisé un chiffre d’affaires inférieur à 10 M€ au dernier exercice clos.

Concrètement, vous devenez associé d’une société (souvent une SNC) qui achète le matériel et le loue à l’exploitant. Une partie de la réduction (56 % ou 66 %) est rétrocédée à l’exploitant, sous forme de diminution du loyer et du prix de cession du matériel. La réduction s’impute sur votre impôt de l’année de mise en service du matériel, qui n’est pas forcément l’année de votre souscription ; si elle dépasse votre impôt de l’année, l’excédent est reporté sur les 5 années suivantes.

Éligibilité et conditions

Le matériel doit être neuf, productif et affecté à l’activité de l’exploitant, dans un secteur éligible : certains secteurs sont exclus (notamment la restauration hors restaurants de tourisme classés, le conseil et l’expertise, la banque, la finance et l’assurance, l’immobilier). Les territoires concernés sont les départements d’outre-mer, Saint-Martin, Saint-Barthélemy, Saint-Pierre-et-Miquelon, la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie française, Wallis-et-Futuna et les Terres australes et antarctiques françaises.

Un agrément préalable est notamment requis pour un programme de plus de 1 000 000 €, pour un programme de plus de 250 000 € lorsque l’investisseur ne participe pas à l’exploitation (cas des particuliers), et dans certains secteurs (transports, navigation de plaisance, agriculture, pêche maritime et aquaculture, rénovation d’hôtels classés…), sauf dispense pour un programme de moins de 250 000 € réalisé par une entreprise exerçant dans le secteur depuis plus de deux ans, cette dispense ne s’appliquant pas aux transports. Le matériel doit rester affecté à l’activité pendant 5 ans (ou sa durée normale d’utilisation si elle est inférieure), et vous devez conserver vos parts pendant 5 ans. La réduction est en outre soumise au plafond Girardin industriel des niches fiscales.

Si l’une de ces conditions cesse d’être remplie, la réduction est reprise. Prenez le temps de comprendre ces conditions et leurs conséquences fiscales avant de vous engager.

Les avantages fiscaux du Girardin industriel et leurs contreparties

Une réduction imputée en une fois

Dans le schéma locatif, le taux de la réduction est porté à 44,12 % du montant hors taxes de l’investissement (52,95 % dans certains territoires) lorsque 56 % de la réduction sont rétrocédés à l’exploitant, et à 45,3 % (54,36 %) lorsque 66 % le sont ; les frais sont exclus de cette base et les subventions publiques en sont déduites. La réduction s’impute sur l’impôt de l’année de mise en service du matériel. Elle est soumise au plafond global des niches fiscales, 10 000 € majorés de 8 000 € pour les réductions outre-mer, soit 18 000 €, pour sa seule fraction non rétrocédée (44 % ou 34 %) : vos autres avantages soumis au plafond s’imputent dans ces 18 000 €, ce n’est pas une enveloppe qui s’ajoute. Nous le détaillons ici.

Le montant de la réduction peut dépasser celui de l’apport ; l’écart est fixé par chaque opération et n’est pas garanti. Exemple, dans l’hypothèse d’un apport égal à 90 % de la réduction visée : pour une réduction visée de 10 000 €, l’apport versé à fonds perdus serait de 9 000 €, soit un écart de 1 000 € si aucune reprise n’intervient ; en cas de reprise, vous perdez tout ou partie de la réduction sans récupérer l’apport. Un chiffrage sur votre situation est réalisable via notre outil, à partir d’hypothèses.


simulation gratuite

Ce que le dispositif produit — et ce qu’il ne produit pas

Le Girardin industriel ne verse ni revenu ni plus-value : l’apport est perdu, et le seul gain possible est l’écart entre la réduction d’impôt obtenue et la somme engagée. Ce gain n’est pas garanti — il dépend de la bonne fin de l’opération et du respect des conditions sur toute la durée. Vous pouvez souscrire une nouvelle opération une autre année ; chacune a sa propre durée d’engagement et son propre risque de reprise.

Une fois souscrite, une opération vous engage : vous devez conserver vos parts pendant 5 ans, et la réduction peut être reprise pendant cette période. Pour situer ce mécanisme, voir notre avis sur le Girardin industriel.

Le dispositif vise par ailleurs à soutenir l’investissement productif des entreprises d’outre-mer ; cet objectif ne réduit pas les risques de l’opération pour l’investisseur.

Calendrier et choix du matériel

Le calendrier de l’opération

La réduction s’impute sur l’impôt de l’année de mise en service du matériel, pas sur celui de l’année de souscription : la réduction liée à une souscription en fin d’année ne s’impute sur l’impôt dû au titre des revenus de cette année que si le matériel est mis en service au plus tard le 31 décembre. Faites préciser par écrit la date de mise en service prévue et ce qui se passe si elle est décalée. Le dispositif s’applique aux investissements mis en service jusqu’au 31 décembre 2029 : voir notre page sur la fin du Girardin industriel.

L’exploitant et le matériel

Demandez combien d’exploitants et de matériels votre opération finance, et ce qui est prévu si l’un d’eux cesse son activité. Souscrire plusieurs opérations répartit l’exposition sans la supprimer.

Interrogez aussi le monteur sur la possibilité de relouer le matériel si l’exploitant fait défaut : la réduction n’est pas reprise si le matériel est loué à une nouvelle entreprise qui s’engage à le maintenir dans l’activité pour la durée restante ; à défaut, si l’exploitant cesse son activité dans le délai de 5 ans, la reprise est limitée aux trois quarts de la réduction.

Analyse de risque et considérations légales

Avant d’investir, analysez les risques liés à l’exploitation du matériel par l’entreprise locataire (cessation d’activité, défaut de paiement) et à la situation économique du territoire concerné. Ces risques ne disparaissent pas avec la taille ou la notoriété du monteur.

Trophée en forme d'étoile
La date de mise en service, les frais et le choix de l’opération déterminent l’écart éventuel entre réduction et apport.

Évaluez la capacité de l’entreprise locataire à exploiter durablement le matériel. Sur le plan légal, toutes les conditions doivent être respectées pendant la durée d’engagement, notamment l’affectation du matériel à l’activité pendant 5 ans, la conservation de vos parts pendant 5 ans et la rétrocession à l’exploitant. Lorsque l’opération le requiert (notamment programme de plus de 1 000 000 €, ou de plus de 250 000 € pour un investisseur qui ne participe pas à l’exploitation, certains secteurs), l’agrément préalable doit avoir été obtenu ; il valide l’opération au départ, mais ne protège pas d’une reprise ultérieure.

Il est recommandé de consulter un conseiller et de vous référer aux points clés regroupés dans la FAQ Girardin industriel. Un conseiller peut examiner l’opération et son adéquation à votre situation ; il ne peut pas garantir le résultat fiscal.

Conclusion

Le Girardin industriel peut procurer une réduction d’impôt supérieure à l’apport ; l’écart n’est pas garanti et dépend de chaque opération. Vous pouvez souscrire une nouvelle opération chaque année, chacune ayant sa propre durée d’engagement.

Que vous souscriviez une ou plusieurs opérations, l’exposition est répartie sans être supprimée : si une condition cesse d’être remplie avant le terme, notamment si l’entreprise locataire cesse d’exploiter le matériel, l’avantage fiscal peut être repris par l’administration, et cette reprise reste personnelle à l’investisseur, sans restitution de l’apport. Les conditions du dispositif doivent être respectées pendant toute la durée d’engagement, et l’agrément préalable obtenu lorsqu’il est requis.

Avant de vous engager, faites chiffrer l’opération sur votre situation et lisez la documentation du montage : l’écart éventuel dépend de votre impôt, du taux de rétrocession et des frais. Un conseiller en investissements financiers enregistré à l’ORIAS peut comparer les offres et vous en présenter les risques.

Comment comparer les opérations et les monteurs ?

Choisir une opération de Girardin industriel ne se résume pas à l’écart affiché entre la réduction et l’apport. Les opérations diffèrent notamment par les frais, la solidité du montage, l’exploitant et le matériel financés, et le suivi pendant la durée d’engagement.

Cinq critères à examiner

1. Le monteur et son historique
Vérifiez que le monteur est inscrit au registre des monteurs en défiscalisation outre-mer tenu en préfecture (article 242 septies du CGI) : c’est une obligation légale, pas une garantie. Demandez-lui ensuite, par écrit, combien d’opérations il a montées et si certaines ont fait l’objet d’une requalification fiscale ou d’une reprise. Un historique ne garantit pas l’issue d’une opération future.

2. L’écart après frais
Comparez l’écart prévu entre la réduction et l’apport, puis les frais de montage, de gestion de la société et les honoraires éventuels. Les frais sont exclus de la base de la réduction. Selon l’Inspection générale des finances (rapport de juillet 2023), la part de l’avantage fiscal captée par les monteurs serait de l’ordre d’un tiers, et le taux de commission moyen atteint 8,23 % du coût de revient des investissements sur les dossiers agréés. Un écart affiché plus élevé ne signifie pas une opération plus sûre.

3. L’exploitant et le matériel financé
L’entreprise exploitante est la pièce maîtresse du montage. Son activité doit être éligible et, dans les départements d’outre-mer, son chiffre d’affaires du dernier exercice clos doit être inférieur à 10 M€. Dans certains secteurs, l’opération peut nécessiter un agrément préalable : toujours pour les transports ; pour l’agriculture, sauf dispense (voir plus haut). Privilégiez une entreprise existante, avec une activité réelle et des comptes que vous pouvez consulter.

4. La garantie de bonne fin, et ses limites
Certains monteurs proposent une garantie de bonne fin fiscale ou une assurance couvrant le risque de remise en cause de la réduction. Sa valeur dépend des événements couverts, des exclusions et de la solidité financière du garant. Elle peut indemniser tout ou partie d’une reprise dans les limites de son contrat ; elle n’empêche ni un contrôle fiscal ni la reprise, qui reste personnelle. Ce n’est pas un indicateur de la qualité du montage.

5. La transparence documentaire
Avant d’investir, demandez les statuts de la société, le contrat de location du matériel, la note juridique et fiscale de l’opération et, le cas échéant, le contrat de garantie et la décision d’agrément. Si ces documents ne vous sont pas remis, ne souscrivez pas.

Les points à comparer entre deux opérations

Point à comparer Ce qu’il faut demander Pourquoi c’est important
Monteur Inscription au registre des monteurs (article 242 septies du CGI), historique des opérations Obligation légale ; ne garantit pas l’opération
Écart réduction / apport Réduction visée, apport demandé, hypothèses retenues Fixé par chaque opération, non garanti ; perdu en cas de reprise
Frais Frais de montage et de gestion, honoraires, rémunération de l’intermédiaire Exclus de la base de la réduction
Exploitant et matériel Identité, ancienneté, secteur, territoire, nature du matériel Matériel affecté 5 ans à l’activité (ou sa durée normale d’utilisation si elle est inférieure) ; à défaut, reprise de la réduction
Agrément Est-il requis ? A-t-il été obtenu ? Requis notamment au-delà de 250 000 € si l’investisseur ne participe pas à l’exploitation
Garantie Événements couverts, exclusions, garant Indemnise dans les limites du contrat ; ne supprime pas la reprise

Ce tableau ne classe pas les monteurs : il liste les informations à obtenir pour comparer des opérations entre elles. Une simulation sur votre situation repose sur des hypothèses.

Questions à poser à votre intermédiaire avant d’investir

Quel que soit le monteur retenu, posez systématiquement ces questions :

  • Un agrément fiscal est-il requis pour cette opération ? Si oui, puis-je avoir copie de la décision ?
  • Qui est l’entreprise exploitante ? Depuis quand existe-t-elle ?
  • Quel est le contrat de location : durée, loyer, conditions de restitution du matériel ?
  • Quelle est la procédure en cas de défaut du locataire ?
  • Y a-t-il une garantie de bonne fin fiscale ? Que couvre-t-elle, avec quelles exclusions, et qui en est le garant ?
  • Quel est le calendrier : versement de l’apport, mise en service du matériel (qui détermine l’année d’imputation), fin de la durée d’engagement ?
  • Comment êtes-vous rémunéré pour cette opération ?

Si votre interlocuteur ne peut pas répondre clairement à ces questions, ne souscrivez pas. Un conseiller en investissements financiers enregistré à l’ORIAS peut vous accompagner dans cette sélection ; demandez-lui avec quels monteurs il travaille et comment il est rémunéré.

Passer par un conseiller ou souscrire en direct ?

Vous pouvez souscrire directement auprès d’un monteur ou passer par un conseiller. Un conseiller peut notamment :

  • Comparer plusieurs offres, à condition de travailler avec plusieurs monteurs : demandez-lui lesquels.
  • Vérifier l’adéquation à votre situation : votre impôt, votre marge dans le plafond des niches fiscales et votre acceptation des risques.
  • Vous aider pour la déclaration : la réduction se déclare sur l’annexe 2042 IOM, à l’aide de l’attestation fiscale remise par le monteur.
  • Vous informer de sa rémunération : demandez-lui comment il est rémunéré (commission versée par le monteur, honoraires) et ce que cela représente pour votre opération.

Invest’Aide, cabinet de conseil en investissements financiers enregistré à l’ORIAS (n° 21001101) et adhérent de l’ANACOFI-CIF, association agréée par l’AMF, peut comparer des offres de plusieurs monteurs et vous en présenter les risques.

Ressources complémentaires

Cyrille Chéry, fondateur d'Invest'Aide, conseiller en investissements financiers enregistré à l'ORIAS

Cyrille Chéry

Fondateur d’Invest’Aide  ·  Enregistré à l’ORIAS  ·  Adhérent de l’ANACOFI-CIF, association agréée par l’AMF

Actuaire, Cyrille Chéry a fondé Invest’Aide, cabinet de conseil en investissements financiers (ORIAS n° 21001101). Il analyse les offres Girardin du marché avant toute recommandation et en présente les risques (apport non restitué, reprise possible de la réduction) ; il ne peut pas garantir le résultat fiscal d’une opération.

→ En savoir plus sur Cyrille Chéry et Invest’Aide

Cabinet en gestion de patrimoine · CIF ORIAS 21 001 101

Réduisez votre impôt sur le revenu avec le Girardin industriel

Un conseiller d'Invest'Aide étudie votre situation et vous présente les opérations Girardin adaptées : leur mécanique, leur avantage fiscal et leurs risques (apport à fonds perdus, reprise fiscale). Étude personnalisée gratuite et sans engagement.