Faut-il payer beaucoup d’impôt pour investir en Girardin industriel ? Y a-t-il un seuil minimum ? Cette page répond à ces questions (pour les autres conditions, voir qui peut investir en Girardin industriel). Elle présente des exemples sous forme d’hypothèses. Rappel : l’apport est versé à fonds perdus (il ne vous est pas restitué) et la réduction d’impôt peut être reprise si une condition du dispositif cesse d’être remplie pendant la durée de conservation obligatoire.
Pas de minimum légal, mais des contraintes pratiques
La loi ne fixe aucun montant minimum d’impôt sur le revenu pour bénéficier du Girardin industriel. La réduction ne peut toutefois s’imputer que sur un impôt dû : si elle dépasse l’impôt de l’année, l’excédent est reporté sur les cinq années suivantes, puis il est perdu. En pratique, plusieurs contraintes s’appliquent :
- Chaque opération fixe son propre montant minimum de souscription : renseignez-vous sur le ticket d’entrée de l’offre qui vous est proposée.
- Les frais n’ouvrent pas droit à la réduction : frais et commissions sont exclus de la base de calcul ; selon l’Inspection générale des finances (rapport de juillet 2023), la part de l’avantage fiscal captée par les monteurs serait de l’ordre d’un tiers.
- Les risques ne dépendent pas du montant : pour un petit montant comme pour un grand, l’apport est versé à fonds perdus et la réduction peut être reprise si une condition cesse d’être remplie pendant la durée de conservation obligatoire (en général 5 ans, 15 ans dans certains cas : hôtellerie, résidences de tourisme…).
Invest’Aide déconseille généralement l’opération en dessous d’environ 3 000 € d’impôt sur le revenu (recommandation du cabinet, pas une règle fiscale) : en dessous, l’écart éventuel entre réduction et apport est faible au regard du risque.
Selon votre impôt : exemples chiffrés (hypothèses)
L’intérêt éventuel du Girardin tient à l’écart entre la réduction d’impôt obtenue et l’apport versé. Cet écart est fixé par chaque opération ; il n’est pas garanti, et il disparaît si la réduction est reprise : vous perdez alors la réduction, sans récupérer l’apport versé à fonds perdus. Le tableau ci-dessous illustre des hypothèses : réduction visée égale à votre impôt de l’année et apport égal à 90 % de cette réduction.
| Votre impôt de l’année | Réduction visée (hypothèse) | Apport à fonds perdus (hypothèse : 90 %) | Écart si aucune reprise | Part retenue dans le plafond de 18 000 € (44 %) |
|---|---|---|---|---|
| 3 000 € | 3 000 € | 2 700 € | 300 € | 1 320 € |
| 5 000 € | 5 000 € | 4 500 € | 500 € | 2 200 € |
| 10 000 € | 10 000 € | 9 000 € | 1 000 € | 4 400 € |
| 15 000 € | 15 000 € | 13 500 € | 1 500 € | 6 600 € |
| 20 000 € | 20 000 € | 18 000 € | 2 000 € | 8 800 € |
Illustration, pas une promesse : chaque opération fixe son propre écart, qui n’est pas garanti. Hypothèses : rétrocession de 56 % (programme de moins de 300 000 € par exploitant), d’où une réduction retenue pour 44 % dans le plafond des niches fiscales, et aucun autre avantage fiscal soumis au plafonnement. Sans autre avantage, la réduction maximale théorique est d’environ 40 909 € (18 000 € ÷ 0,44), ou 52 941 € avec une rétrocession de 66 % (18 000 € ÷ 0,34) ; vos autres avantages fiscaux la diminuent d’autant. Le plafond pris en compte peut être celui d’une autre année que l’année d’imputation (par exemple l’année de la demande d’agrément ou du versement d’un acompte d’au moins 50 %).
Comment estimer l’impôt sur lequel la réduction peut s’imputer
La réduction s’impute sur l’impôt sur le revenu de l’année de mise en service de l’investissement, qui n’est pas forcément l’année de votre souscription. Mieux vaut donc dimensionner la réduction visée sur cet impôt, dans la limite du plafonnement des niches fiscales. Pour l’estimer :
- Partez de votre dernier avis d’imposition (disponible dans votre espace particulier sur impots.gouv.fr) : il indique l’impôt de l’année précédente, un point de départ pour estimer celui de l’année de mise en service.
- Retenez le montant de l’impôt sur le revenu : c’est sur cet impôt que la réduction s’impute.
- Tenez compte de vos autres réductions d’impôt (par exemple une réduction Pinel en cours ou une souscription au capital de PME) : elles s’imputent sur le même impôt.
- Vérifiez votre marge dans le plafonnement global : les avantages fiscaux soumis au plafond de 10 000 € (y compris certains crédits d’impôt, comme celui pour l’emploi d’un salarié à domicile) réduisent d’autant la place disponible dans le plafond de 18 000 €, où la réduction Girardin est retenue pour 44 % ou 34 % de son montant (sa fraction non rétrocédée).
Attention : votre impôt peut varier d’une année à l’autre. Si votre situation change (hausse ou baisse de revenus, naissance, mariage, départ à la retraite…), l’avis de l’année précédente ne suffit pas : faites estimer l’impôt de l’année de mise en service.
Viser une réduction supérieure à son impôt : un excédent reporté, pas remboursé
Le Girardin industriel ouvre droit à une réduction d’impôt, pas à un crédit d’impôt : pour un contribuable qui n’agit pas à titre professionnel, l’excédent n’est pas remboursé. Lorsque la réduction dépasse l’impôt dû au titre de l’année de mise en service, l’excédent est reporté sur les cinq années suivantes ; la part qui n’a pas pu être imputée à l’issue de la cinquième année est perdue.
Exemple (hypothèse d’illustration) : pour une réduction de 12 000 € et un impôt de 10 000 € l’année de mise en service, 10 000 € s’imputent cette année-là et 2 000 € sont reportés sur l’impôt des années suivantes. Vous avez pourtant versé la totalité de l’apport dès la souscription, et le report ne vous sert que si votre impôt des années suivantes est suffisant.
Une approche prudente consiste donc à ne pas viser une réduction supérieure à l’impôt que vous estimez devoir l’année de mise en service.
Cas particuliers : IR variable ou incertain
Vous anticipez une hausse de revenus
Si vous prévoyez une hausse de revenus (augmentation, prime ponctuelle…), vous pouvez estimer votre impôt prévisionnel de l’année de mise en service. Ce n’est qu’une estimation : si l’impôt réel est plus faible, l’excédent de réduction est reporté sur les cinq années suivantes, mais il est perdu s’il ne peut pas être imputé dans ce délai. Faites établir cette estimation avec un conseiller.
Vous êtes en couple avec imposition commune
En cas d’imposition commune, le foyer fiscal n’a qu’un impôt sur le revenu : si votre foyer paie 15 000 € d’impôt, c’est sur ces 15 000 € que la réduction peut s’imputer. Le plafonnement global s’apprécie lui aussi par foyer fiscal : les 18 000 € valent pour le foyer, pas pour chacun.
Vous avez déjà d’autres réductions d’impôt en cours
Vos autres réductions d’impôt (réduction Pinel en cours, souscription de parts de FCPI, dons…) s’imputent sur le même impôt : tenez-en compte pour estimer l’impôt qui restera à réduire. La plupart entrent aussi dans le plafonnement global et diminuent votre marge dans le plafond de 18 000 € ; les dons, eux, ne sont pas soumis au plafonnement.
Foire aux questions
Je paie 2 000 € d’IR — puis-je quand même investir en Girardin ?
Rien ne l’interdit, si une opération accepte ce montant. Mais l’écart éventuel entre réduction et apport serait faible (200 € dans l’hypothèse d’un apport égal à 90 % de la réduction, sans garantie), alors que le risque de reprise et la perte de l’apport restent entiers. C’est pourquoi Invest’Aide déconseille généralement l’opération en dessous d’environ 3 000 € d’impôt (recommandation du cabinet, pas une règle fiscale).
Je ne connais pas encore mon impôt de l’année de mise en service : comment faire ?
Une approche prudente consiste à partir de l’impôt de l’année précédente (votre dernier avis d’imposition), à l’ajuster si votre situation a changé et à viser une réduction plutôt inférieure à l’impôt estimé. Invest’Aide peut vous aider à faire cette estimation.
Peut-on répartir son investissement sur plusieurs opérations ?
Oui, rien n’interdit de souscrire à plusieurs opérations. Chacune ouvre droit à la réduction au titre de l’année de mise en service de son propre investissement, qui dépend de l’opération : deux souscriptions faites la même année ne réduisent donc pas forcément l’impôt de la même année. Pour le plafonnement global, ces réductions se cumulent avec vos autres avantages fiscaux. En cas d’incertitude sur votre impôt, viser une réduction inférieure à l’impôt estimé limite le risque d’excédent ; un excédent éventuel est reporté sur les cinq années suivantes.
Ce n’est pas un produit d’épargne : l’apport ne vous est pas restitué, et l’obtention comme le maintien de la réduction ne sont pas garantis.
Invest’Aide, cabinet de conseil en investissements financiers enregistré à l’ORIAS (n° 21001101) et adhérent de l’ANACOFI-CIF, association agréée par l’AMF, peut estimer avec vous le montant adapté à votre situation à partir de votre dernier avis d’imposition, en vous présentant les risques de l’opération. Simulation gratuite et personnalisée, sans engagement.
Cyrille Chéry
Fondateur d’Invest’Aide · Enregistré à l’ORIAS · Adhérent de l’ANACOFI-CIF, association agréée par l’AMF
Actuaire, Cyrille Chéry a fondé Invest’Aide, cabinet de conseil en investissements financiers (ORIAS n° 21001101). Il analyse les offres Girardin du marché avant toute recommandation et en présente les risques (apport non restitué, reprise possible de la réduction) ; il ne peut pas garantir le résultat fiscal d’une opération.
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