La défiscalisation Girardin permet d’obtenir une réduction d’impôt sur le revenu qui peut être supérieure à votre apport, en contrepartie d’un apport réalisé à fonds perdus, qui ne vous est jamais restitué, et d’un risque de reprise de la réduction pendant 5 ans. L’écart entre la réduction et l’apport est fixé par chaque opération et n’est pas garanti. Dans ce guide complet, nous décryptons tous les mécanismes de la défiscalisation Girardin, ses variantes (Girardin industriel, Girardin logement social et logement libre ; le Girardin IS, réservé aux entreprises soumises à l’impôt sur les sociétés, relève d’une déduction distincte), ses avantages, ses risques et les points à vérifier avant de souscrire en 2026.
Qu’est-ce que la défiscalisation Girardin ?
La défiscalisation Girardin désigne, dans le langage courant, les réductions d’impôt sur le revenu prévues aux articles 199 undecies A, 199 undecies B et 199 undecies C du Code général des impôts. Ces dispositifs visent à encourager l’investissement privé outre-mer (départements et collectivités d’outre-mer, Nouvelle-Calédonie ; la liste exacte des territoires dépend du dispositif), en échange d’une réduction d’impôt pour le contribuable domicilié en France.
Le principe de la loi Girardin défiscalisation : vous financez, via une société de portage, du matériel productif (ou, dans certains territoires, des logements sociaux) exploité outre-mer. En contrepartie, vous bénéficiez d’une réduction d’impôt qui peut être supérieure à votre apport. Le gain éventuel provient de cet écart : il est fixé par chaque opération, n’est pas garanti, et disparaît si la réduction est reprise. Votre apport, lui, n’est jamais restitué.
La défiscalisation Girardin est encadrée par les articles 199 undecies A à C du Code général des impôts. En Girardin industriel, elle vise les investissements mis en service jusqu’au 31 décembre 2029. Le Girardin logement social n’est plus ouvert aux nouveaux projets dans les départements d’outre-mer ; il le reste jusqu’au 31 décembre 2029 dans certaines collectivités. Dans tous les cas, l’apport est perdu et la réduction peut être reprise si les conditions cessent d’être respectées.
Les 3 grands dispositifs de défiscalisation Girardin
La défiscalisation Girardin ne désigne pas un seul dispositif mais trois mécanismes distincts, chacun ciblant un type d’investissement différent. Comprendre leurs différences est essentiel pour choisir celui qui correspond à votre situation fiscale et patrimoniale.
1. Girardin Industriel (article 199 undecies B)
Le Girardin Industriel est la forme la plus connue de la défiscalisation Girardin. Il finance l’acquisition de matériel productif neuf (camions, engins de chantier, matériel agricole, équipements industriels ; installations photovoltaïques seulement si au moins 80 % de la production est autoconsommée par l’exploitant) loué pendant 5 ans à une entreprise ultramarine exploitante.
- Gain éventuel : la réduction peut dépasser votre apport ; l’écart est fixé par chaque opération et n’est pas garanti. L’apport n’est jamais restitué.
- Engagement : 5 ans. Le matériel doit rester exploité pendant 5 ans et vous devez conserver vos parts pendant 5 ans ; à défaut, la réduction peut être reprise.
- Plafond : plafond global des niches porté à 18 000 €, la réduction n’y étant retenue que pour sa part non rétrocédée (44 % ou 34 % selon que le taux de rétrocession est de 56 % ou de 66 %), soit au maximum 40 909 € ou 52 941 € de réduction sans autre niche fiscale
- Profil : contribuables durablement imposés, prêts à perdre leur apport. Invest’Aide déconseille généralement l’opération en dessous d’environ 3 000 € d’impôt sur le revenu (recommandation du cabinet, pas une règle fiscale).
2. Girardin Logement Social (article 199 undecies C)
Le Girardin Logement Social finance la construction ou l’acquisition de logements neufs donnés en location nue, pendant au moins 5 ans, à un organisme de logement social, qui les sous-loue à des ménages sous conditions de ressources ; à l’issue de cette période, les logements sont cédés à l’organisme. Ce dispositif n’est plus ouvert aux nouveaux projets dans les départements d’outre-mer.
- Territoires : dans les départements d’outre-mer, seuls restent éligibles les investissements dont la demande d’agrément est parvenue à l’administration au plus tard le 24 septembre 2018 ; le dispositif reste ouvert jusqu’au 31 décembre 2029 à Saint-Pierre-et-Miquelon, en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie française, à Saint-Martin, à Saint-Barthélemy et à Wallis-et-Futuna
- Réduction : 50 % du prix de revient du logement (retenu dans une limite par m² de surface habitable), dont 70 % est rétrocédé à l’organisme locataire
- Engagement : location d’au moins 5 ans à l’organisme de logement social ; en cas de souscription via une société, conservation des parts jusqu’au terme de cette location
- Plafond : même plafond global de 18 000 €, la réduction n’y étant retenue que pour sa fraction non rétrocédée
- Risques : comme en Girardin industriel, l’apport n’est pas restitué et l’avantage dépend du respect des conditions pendant toute la durée de l’opération
3. Girardin Logement Libre et Intermédiaire (article 199 undecies A)
Ce troisième volet, aujourd’hui en voie d’extinction, visait les investissements réalisés du 21 juillet 2003 au 31 décembre 2017 dans le logement (acquisition ou construction de logements neufs, notamment pour la résidence principale ou la location) et dans certains autres secteurs. Depuis 2018, seuls restent éligibles, jusqu’au 31 décembre 2029, les travaux de réhabilitation et de confortation contre le risque sismique ou cyclonique de logements achevés depuis plus de 20 ans.
Comment fonctionne concrètement la défiscalisation Girardin ?
Le mécanisme de la défiscalisation Girardin repose sur un principe juridique particulier : vous devenez, le temps de l’opération, associé d’une société de portage (SNC ou SAS) qui achète le matériel et le loue à un exploitant ultramarin. C’est cette position d’associé qui vous donne droit à la réduction d’impôt, calculée sur le montant hors taxes de l’investissement productif réalisé par la société, hors frais et sous déduction des subventions publiques.
Les 4 étapes de l’opération
Vous réalisez un apport (par exemple 9 000 €) dans une société de portage, via un monteur inscrit au registre des monteurs en défiscalisation outre-mer (art. 242 septies du CGI). Cet apport est définitivement perdu : c’est un apport « à fonds perdus ».
La société de portage achète le matériel (camion, tracteur, équipement solaire, etc.) et le loue à une entreprise ultramarine pendant 5 ans, conformément au cadre légal.
La réduction s’impute sur l’impôt de l’année de mise en service du matériel (et non de l’année de souscription). Vous la déclarez l’année suivante sur la déclaration annexe 2042 IOM, à l’aide de l’attestation remise par le monteur. Dans notre exemple, hypothèse d’une réduction de 10 000 € pour 9 000 € d’apport : l’écart réel dépend de chaque opération et n’est pas garanti.
À l’issue des 5 ans, le matériel est en principe cédé à l’exploitant, à un prix diminué de la part de réduction qui lui a été rétrocédée. Votre apport ne vous est pas restitué ; cette échéance marque la fin de la période pendant laquelle la réduction peut être reprise.
Exemple chiffré de défiscalisation Girardin (hypothèse illustrative)
Voici un exemple illustratif du fonctionnement de la défiscalisation Girardin Industriel, construit sur une hypothèse d’écart que nous avons retenue (ce n’est ni une moyenne de marché ni une promesse), pour un contribuable payant 10 000 € d’impôt sur le revenu.
Hypothèse illustrative, non garantie. Les 9 000 € ne sont jamais restitués ; si les conditions cessent d’être respectées pendant 5 ans, la réduction peut être reprise, en tout ou partie : vous auriez alors perdu l’apport sans compensation équivalente.
Quels sont les plafonds de défiscalisation Girardin ?
Le plafonnement de la défiscalisation Girardin suit des règles particulières. Le plafond global des niches fiscales, normalement de 10 000 € par an et par foyer, est majoré de 8 000 € pour les réductions outre-mer. Ce n’est pas une enveloppe qui s’ajoute : les autres niches utilisées la même année s’imputent dans ce même plafond.
- Plafond global des niches fiscales : 10 000 € par an et par foyer
- Plafond majoré outre-mer : le plafond global des niches, normalement de 10 000 €, est porté à 18 000 € lorsqu’il inclut un investissement outre-mer (Girardin, SOFICA)
- Assiette du plafond pour le Girardin : la réduction n’est retenue dans ce plafond de 18 000 € que pour sa part non rétrocédée — 44 % de la réduction lorsque le taux de rétrocession à l’exploitant est de 56 %, 34 % lorsqu’il est de 66 % (article 200-0 A du CGI)
- Réduction maximale : sans autre niche fiscale, la réduction d’impôt peut atteindre au maximum 40 909 € (rétrocession de 56 %) ou 52 941 € (rétrocession de 66 %) par an et par foyer ; ce maximum théorique diminue d’autant que vous utilisez d’autres niches. L’excédent éventuel au-delà du plafond est ajouté à votre impôt
Pour le détail du calcul de ce plafond et de son assiette (la part non rétrocédée de la réduction), consultez notre guide dédié au plafond du Girardin industriel.
Avantages et contreparties de la défiscalisation Girardin
- Réduction supérieure à l’apport : c’est le seul intérêt de l’opération, car l’apport n’est jamais restitué ; l’écart est fixé par chaque opération et n’est pas garanti
- Imputation l’année de mise en service : la réduction s’impute sur l’impôt de l’année de mise en service du matériel, l’excédent éventuel étant reportable sur les 5 années suivantes ; en contrepartie, elle peut être reprise pendant 5 ans si les conditions cessent d’être respectées
- Pas de gestion locative : la société de portage et le monteur gèrent l’opération (contrairement au LMNP) ; vous dépendez en revanche de leur sérieux et de la solidité de l’exploitant
- Financement de l’économie ultramarine : votre apport finance du matériel productif exploité outre-mer
- Plafond global porté à 18 000 € : la réduction n’y est retenue que pour sa part non rétrocédée, et les autres niches utilisées la même année s’imputent dans ce même plafond
Risques et points de vigilance
La défiscalisation Girardin comporte des risques réels. L’apport est perdu dans tous les cas : il n’est jamais restitué. La réduction peut être reprise si, pendant les 5 ans, l’une des conditions cesse d’être respectée (matériel cédé ou plus affecté à l’activité, parts cédées…) : la reprise intervient au titre de l’année de l’événement. En cas de cessation d’activité de l’exploitant, la reprise est limitée aux trois quarts de la réduction ; elle est évitée si le matériel est reloué à une nouvelle entreprise qui s’engage à le maintenir dans l’activité pour la durée restante. Enfin, en SNC, votre responsabilité d’associé est indéfinie et solidaire. Pour le détail, consultez notre page sur les risques du Girardin industriel.
Certaines opérations sont assorties d’une garantie de bonne fin fiscale ou d’une assurance contractuelle. Leur portée varie d’un monteur à l’autre : lisez ce qu’elles couvrent, leurs exclusions et leurs plafonds d’indemnisation. Elles ne suppriment pas le risque de reprise ; au mieux, elles en compensent tout ou partie, selon le contrat.
Comment comparer les opérations de défiscalisation Girardin ?
Plusieurs monteurs proposent des opérations de loi Girardin défiscalisation. Voici les points à vérifier avant de souscrire ; aucun ne supprime la perte de l’apport ni le risque de reprise :
- L’inscription et la solidité du monteur : vérifiez son inscription au registre des monteurs en défiscalisation outre-mer (art. 242 septies du CGI), sa date d’immatriculation et ses comptes publiés. Nos fiches présentent plusieurs monteurs : Inter Invest, CF Profina, Ecofip, Sintorin
- Les garanties : lisez ce que couvre la garantie de bonne fin fiscale ou l’assurance éventuellement proposée, ses exclusions et ses limites
- Le type de montage : en SAS, votre responsabilité d’associé est limitée à votre apport ; en SNC, elle est indéfinie et solidaire. Dans les deux cas, la reprise de la réduction vous reste personnelle
- L’agrément fiscal : il est requis notamment au-delà de 250 000 € par programme lorsque vous ne participez pas à l’exploitation, au-delà de 1 000 000 € dans tous les cas, et dans certains secteurs sensibles (transports, agriculture, pêche…), sauf dispense, hors transport, pour un programme de moins de 250 000 € réalisé par une entreprise exerçant dans le secteur depuis plus de deux ans. Il porte sur l’opération : il ne vous protège pas d’une reprise si les conditions cessent ensuite d’être respectées
- La répartition des risques : demandez si votre apport est réparti entre plusieurs exploitants et secteurs, et comment une défaillance est traitée
- Le gain annoncé et les frais : le gain annoncé n’est pas garanti ; demandez le détail des frais et de la rémunération des intermédiaires. Méfiez-vous de toute présentation qui ne mentionne pas la perte de l’apport et le risque de reprise
Défiscalisation Girardin vs autres dispositifs fiscaux
Comment se compare la défiscalisation Girardin aux autres mécanismes de réduction d’impôt disponibles en 2026 ?
La différence de fond : avec le Girardin, vous ne détenez aucun actif à l’issue de l’opération. Son intérêt tient uniquement à l’écart entre la réduction et l’apport, qui n’est pas garanti ; les autres dispositifs reposent sur un actif que vous conservez, avec ses propres risques de perte en capital.
Défiscalisation Girardin en 2026 : le cadre en vigueur
Dans les textes en vigueur en 2026 (article 199 undecies B du CGI, et article 200-0 A pour le plafonnement), retenez notamment :
- Investissements mis en service jusqu’au 31 décembre 2029
- Plafond global de 18 000 €, la réduction n’y étant retenue que pour sa part non rétrocédée
- Agrément préalable au-delà de 250 000 € par programme lorsque vous ne participez pas à l’exploitation, au-delà de 1 000 000 € dans tous les cas, et dans certains secteurs sensibles (transports, agriculture, pêche…), sauf dispense, hors transport, pour un programme de moins de 250 000 € réalisé par une entreprise exerçant dans le secteur depuis plus de deux ans
- Photovoltaïque : éligible seulement si au moins 80 % de la production est autoconsommée par l’exploitant
- Secteurs exclus, notamment : commerce, restauration (hors restaurants de tourisme classés), conseil et expertise, banque, finance et assurance, immobilier
FAQ — Défiscalisation Girardin
Quelle est la différence entre défiscalisation Girardin et Girardin Industriel ?
La « défiscalisation Girardin » est un terme générique qui regroupe plusieurs dispositifs (Girardin Industriel, Girardin Logement Social, Girardin Logement Libre). Le « Girardin Industriel » désigne spécifiquement le volet lié à l’investissement en matériel productif Outre-mer, encadré par l’article 199 undecies B du CGI. Le Girardin logement social n’est plus ouvert aux nouveaux projets dans les départements d’outre-mer, et le volet logement libre ne vise plus que certains travaux de réhabilitation.
À partir de quel montant d’impôt la défiscalisation Girardin devient-elle intéressante ?
Il n’existe pas de seuil légal. Invest’Aide déconseille généralement l’opération en dessous d’environ 3 000 € d’impôt sur le revenu (recommandation du cabinet, pas une règle fiscale). Quel que soit votre impôt, le gain éventuel dépend de l’écart fixé par chaque opération, qui n’est pas garanti ; l’apport n’est jamais restitué et la réduction peut être reprise.
La défiscalisation Girardin est-elle toujours applicable en 2026 ?
Oui. Dans sa version en vigueur depuis le 1er janvier 2026, l’article 199 undecies B du CGI vise les investissements mis en service jusqu’au 31 décembre 2029. Les conditions peuvent toutefois évoluer à chaque loi de finances : vérifiez celles qui s’appliquent à la date de mise en service du matériel financé.
Peut-on cumuler plusieurs opérations de défiscalisation Girardin la même année ?
Oui, dans la limite du plafond global de 18 000 € par foyer et par an, où la réduction Girardin n’est retenue que pour sa part non rétrocédée (au maximum 40 909 € ou 52 941 € de réduction selon le taux de rétrocession, sans autre niche fiscale). Les autres niches utilisées la même année s’imputent dans ce même plafond. Plusieurs opérations répartissent le risque entre exploitants, mais chaque apport reste perdu et chaque réduction peut être reprise.
Quand faut-il souscrire pour bénéficier de la défiscalisation sur l’impôt 2026 ?
La réduction s’impute sur l’impôt de l’année de mise en service du matériel financé, et non sur celle de la souscription. Pour réduire votre impôt sur les revenus 2026 (déclaré au printemps 2027), le matériel doit donc être mis en service en 2026 : vérifiez la date de mise en service prévue dans la documentation de l’opération, et ce qui se passe si elle est décalée.
Conclusion : la défiscalisation Girardin est-elle faite pour vous ?
La défiscalisation Girardin s’adresse aux contribuables qui souhaitent réduire leur impôt sur le revenu sans contrainte de gestion, en acceptant deux contreparties : un apport à fonds perdus, jamais restitué, et un risque de reprise de la réduction pendant 5 ans. Elle peut convenir aux foyers durablement imposés qui ont compris ces risques et dont l’impôt permet d’absorber la réduction.
Avant de souscrire, faites-vous accompagner par un conseiller qui compare les opérations, vérifie le monteur et vous remet la documentation de l’opération ainsi que le détail de sa rémunération. Contactez Invest’Aide pour une simulation gratuite et un conseil personnalisé sur votre projet de défiscalisation Girardin.
Pour aller plus loin : si vous résidez à Paris ou en Île-de-France, retrouvez les modalités pratiques de souscription sur notre page dédiée : défiscalisation Girardin Industriel à Paris.
Réduisez votre impôt sur le revenu avec le Girardin industriel
Un conseiller d'Invest'Aide étudie votre situation et vous présente les opérations Girardin adaptées : leur mécanique, leur avantage fiscal et leurs risques (apport à fonds perdus, reprise fiscale). Étude personnalisée gratuite et sans engagement.