Vous cherchez à réduire votre impôt sur le revenu avec le Girardin industriel et vous avez entendu parler de Sintorin ? Cette page présente ce que l’on peut vérifier sur Sintorin dans les registres officiels, et les points à examiner avant de souscrire une opération, quel que soit le monteur. Elle ne reproduit pas de chiffres d’activité ni d’avis que nous ne pouvons pas vérifier.
Présentation de Sintorin : ce que disent les registres officiels
Selon l’annuaire des entreprises de l’État (annuaire-entreprises.data.gouv.fr), la société SINTORIN (SIREN 788 959 724) a été créée le 22 septembre 2012 et a son siège au Lamentin, en Martinique ; d’autres sociétés portent le nom Sintorin, comme Sintorin Fiscalité ou Sintorin Finance. Les chiffres d’activité parfois cités (nombre d’agréments obtenus, montant des projets accompagnés) ne figurent dans aucune source officielle que nous ayons pu consulter : nous ne les reprenons pas. Pour le fonctionnement général du dispositif, voir notre présentation de la loi Girardin industriel.
Les monteurs d’opérations de défiscalisation outre-mer doivent être inscrits sur un registre tenu par le représentant de l’État (article 242 septies du CGI). Le registre compétent dépend du siège de l’entreprise : une entreprise dont le siège est en Martinique s’inscrit sur le registre tenu en Martinique. Sintorin ne figure pas sur le registre tenu par la préfecture de la région Île-de-France (mis à jour au 28 juillet 2026), qui n’est pas celui de son siège ; nous n’avons pas consulté le registre tenu en Martinique : demandez au monteur son numéro d’inscription et l’autorité qui tient le registre. L’inscription est une obligation légale ; elle ne garantit ni la qualité d’une opération ni l’absence de reprise.

Comprendre le dispositif Girardin industriel
Le Girardin industriel est la réduction d’impôt sur le revenu de l’article 199 undecies B du CGI, pour des investissements productifs neufs réalisés outre-mer. En pratique, vous devenez associé d’une société de personnes — par exemple une SNC (société en nom collectif) — qui achète du matériel et le loue à une entreprise exploitante d’outre-mer pendant au moins 5 ans (ou sa durée normale d’utilisation si elle est inférieure ; 15 ans pour la construction, la rénovation ou la réhabilitation d’hôtels, de résidences de tourisme ou de villages vacances). Vous devez conserver vos parts pendant 5 ans.
En contrepartie de votre apport, versé à fonds perdus, vous obtenez une réduction d’impôt qui peut dépasser cet apport ; l’écart est fixé par chaque opération et n’est pas garanti. Exemple, dans l’hypothèse d’un apport égal à 90 % de la réduction visée : pour une réduction visée de 10 000 €, l’apport serait de 9 000 €, soit un écart de 1 000 € si aucune reprise n’intervient. Si une condition cesse d’être remplie pendant la durée d’engagement, la réduction est reprise, sans que l’apport vous soit restitué.
Un agrément préalable est notamment requis :
- pour un programme de plus de 1 000 000 €, ou de plus de 250 000 € lorsque l’investisseur ne participe pas à l’exploitation (cas des particuliers) ;
- dans certains secteurs (transports, navigation de plaisance, agriculture, pêche maritime et aquaculture, rénovation d’hôtels classés…), sauf dispense pour un programme de moins de 250 000 € réalisé par une entreprise exerçant dans le secteur depuis plus de deux ans, dispense qui ne s’applique pas aux transports.
L’agrément valide l’opération au départ ; il ne protège pas d’une reprise ultérieure.
Ce qu’il faut faire préciser sur une opération
Les conditions des opérations (montant minimum, écart entre réduction et apport, frais, garanties éventuelles) varient d’une opération à l’autre et ne figurent dans aucune source officielle : faites-les préciser par écrit au monteur.
L’écart entre la réduction et l’apport
Le taux de la réduction est fixé par la loi : dans le schéma locatif, il est porté à 44,12 % du montant hors taxes de l’investissement (52,95 % dans certains territoires) lorsque 56 % de la réduction sont rétrocédés à l’exploitant, et à 45,3 % (54,36 %) lorsque 66 % le sont. La base est le montant hors taxes de l’investissement, sous déduction des subventions publiques ; les frais et commissions en sont exclus. L’écart entre la réduction et votre apport dépend de chaque opération : demandez sur quelles hypothèses il repose et ce qu’il devient en cas de reprise.
Le secteur et le matériel financés
L’entreprise exploitante doit exercer une activité agricole, industrielle, commerciale ou artisanale ; certains secteurs sont exclus, notamment le commerce, la restauration (hors restaurants de tourisme classés), le conseil et l’expertise, la banque, la finance et l’assurance, et l’immobilier. Dans les départements d’outre-mer, l’exploitant doit avoir réalisé un chiffre d’affaires inférieur à 10 M€ au dernier exercice clos. Demandez quel matériel est financé, pour quel exploitant, et si l’opération nécessite un agrément.
Les territoires
Le dispositif concerne les départements d’outre-mer (Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion, Mayotte), Saint-Martin, Saint-Barthélemy, Saint-Pierre-et-Miquelon, la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie française, Wallis-et-Futuna et les Terres australes et antarctiques françaises. Le taux de la réduction varie selon le territoire : faites préciser celui de l’opération.
Les avantages fiscaux du Girardin industriel et leurs contreparties
Les avantages prévus par la loi sont les mêmes quel que soit le monteur, et chacun a sa contrepartie :
- Une réduction imputée en une fois, sur l’impôt de l’année de mise en service du matériel, qui n’est pas forcément l’année de votre souscription ; l’excédent éventuel est reporté sur les 5 années suivantes. En contrepartie, la réduction peut être reprise pendant la durée d’engagement.
- Une réduction qui peut dépasser l’apport : l’écart est fixé par chaque opération et n’est pas garanti. En contrepartie, l’apport est versé à fonds perdus.
- Un plafond de niches majoré : 10 000 € majorés de 8 000 €, soit 18 000 €, pour les réductions outre-mer, la réduction n’étant retenue que pour sa fraction non rétrocédée (44 % ou 34 %). Vos autres avantages soumis au plafond s’imputent dans ces 18 000 € : ce n’est pas une enveloppe qui s’ajoute. Voir notre page sur le plafond Girardin industriel.
- Pas de gestion directe : pas de locataire à trouver ni de bien à entretenir. En contrepartie, la réduction dépend du respect des conditions par la société et l’exploitant pendant 5 ans.
Les risques, quel que soit le monteur
Comme tout investissement, le Girardin industriel comporte des risques spécifiques qu’il convient de bien comprendre avant de souscrire :
- Risque de remise en cause : si l’opération ne respecte pas les conditions de l’article 199 undecies B du CGI, l’administration fiscale peut remettre en cause la réduction d’impôt.
- Risque de défaut de l’exploitant : si l’entreprise exploitante cesse son activité dans le délai de 5 ans, la reprise est limitée aux trois quarts de la réduction ; elle n’a pas lieu si, en cas de défaillance, le matériel est loué à une nouvelle entreprise qui s’engage à le maintenir dans l’activité pour la durée restante.
- Risque lié au monteur : la qualité du montage et du suivi dépend du monteur ; son inscription au registre ne garantit pas l’opération.
Dans tous les cas, l’apport n’est pas restitué : en cas de reprise, le montant repris s’ajoute à votre impôt sans que l’apport vous soit rendu. Si une garantie de bonne fin est proposée, vérifiez les événements couverts, les exclusions et la solidité du garant : elle peut indemniser tout ou partie d’une reprise dans les limites de son contrat, mais ne l’empêche pas.
Comparer avec d’autres opérations
Nous consacrons aussi des pages à d’autres monteurs : Inter Invest, Ecofip, Profina, OSEOM Finance et Financ’ile. Pour comparer des opérations entre elles, plutôt que des monteurs, examinez :
- L’écart après frais : écart prévu entre la réduction et l’apport, frais de montage et de gestion, rémunération de l’intermédiaire.
- L’exploitant et le matériel : identité, ancienneté, secteur, territoire, nature du matériel.
- L’agrément : est-il requis, et a-t-il été obtenu ?
- La garantie éventuelle : événements couverts, exclusions, garant.
- La documentation : note juridique et fiscale, contrat de location, statuts de la société, contrat de garantie le cas échéant.
Faire examiner une opération par un conseiller
Si une opération Sintorin vous est proposée, vous pouvez la faire examiner par un conseiller en investissements financiers avant de souscrire :
- Simulation : estimation sur votre situation, à partir d’hypothèses (votre impôt, votre marge dans le plafond des niches fiscales)
- Analyse de l’opération : lecture de la documentation, frais, exploitant, matériel, agrément, garantie éventuelle
- Adéquation : vérification que l’opération correspond à votre situation et à votre acceptation des risques
- Déclaration : la réduction se déclare sur l’annexe 2042 IOM, au titre de l’année de mise en service du matériel, à l’aide de l’attestation fiscale remise par le monteur
Demandez à votre conseiller comment il est rémunéré. Notre simulation en ligne est gratuite ; ses taux sont des hypothèses.
Notre avis sur Sintorin et le Girardin industriel
Ce que l’on peut vérifier sur Sintorin tient aux registres officiels : une société créée en 2012, avec un siège en Martinique. Faute de source officielle, nous ne pouvons ni confirmer les chiffres d’activité ou les garanties parfois mis en avant, ni porter d’appréciation sur la qualité de ses opérations. Comme pour tout monteur, la réduction d’impôt est celle prévue par la loi : elle peut dépasser l’apport, mais l’écart n’est pas garanti, l’apport est versé à fonds perdus et la réduction peut être reprise pendant la durée d’engagement.
Avant de souscrire, vérifiez notamment :
- l’inscription du monteur au registre des monteurs et la documentation complète de l’opération ;
- la comparaison avec d’autres opérations (écart après frais, exploitant, agrément, garantie éventuelle) ;
- l’adéquation avec votre situation fiscale (niveau d’impôt, plafonnement des niches) et votre acceptation des risques.
Invest’Aide, cabinet de conseil en investissements financiers enregistré à l’ORIAS (n° 21001101) et adhérent de l’ANACOFI-CIF, association agréée par l’AMF, peut examiner une opération qui vous est proposée et vous en présenter les risques. Vous pouvez commencer par une simulation gratuite.
Cyrille Chéry
Fondateur d’Invest’Aide · Enregistré à l’ORIAS · Adhérent de l’ANACOFI-CIF, association agréée par l’AMF
Actuaire, Cyrille Chéry a fondé Invest’Aide, cabinet de conseil en investissements financiers (ORIAS n° 21001101). Il analyse les offres Girardin du marché avant toute recommandation et en présente les risques (apport non restitué, reprise possible de la réduction) ; il ne peut pas garantir le résultat fiscal d’une opération.
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Un conseiller d'Invest'Aide étudie votre situation et vous présente les opérations Girardin adaptées : leur mécanique, leur avantage fiscal et leurs risques (apport à fonds perdus, reprise fiscale). Étude personnalisée gratuite et sans engagement.