Le Girardin IS (ou Girardin Impôt sur les Sociétés) est la version du dispositif Girardin dédiée aux entreprises soumises à l’impôt sur les sociétés, et notamment aux dirigeants de SAS, SASU et SARL. Beaucoup moins connu que le Girardin Industriel classique destiné aux particuliers, il permet à une société française de réduire son impôt sur les sociétés en finançant un investissement productif en Outre-mer. Dans ce guide, nous décryptons le fonctionnement du Girardin IS, ses avantages spécifiques pour les sociétés, et comment en tirer parti pour optimiser la fiscalité de votre entreprise en 2026.
Qu’est-ce que le Girardin IS ?
Le Girardin IS, encadré par l’article 217 undecies du Code général des impôts, est un mécanisme de défiscalisation réservé aux sociétés soumises à l’impôt sur les sociétés (IS). Contrairement au Girardin Industriel « classique » (article 199 undecies B) qui s’adresse aux particuliers soumis à l’impôt sur le revenu, le Girardin IS permet à une personne morale (SAS, SASU, SARL, SA) de déduire de son résultat imposable le montant d’un investissement productif réalisé en Outre-mer.
Le principe est proche de son cousin grand public : une société française métropolitaine finance l’acquisition d’un équipement productif (matériel industriel, véhicules, panneaux photovoltaïques, équipements hôteliers, etc.) loué à une entreprise exploitante ultramarine pendant au moins 5 ans, et bénéficie en contrepartie d’un avantage fiscal au niveau de son impôt sur les sociétés.
Le Girardin IS ne génère pas une réduction d’impôt comme le Girardin Industriel particulier, mais un déficit fiscal déductible du résultat imposable de la société. Le gain fiscal se matérialise par une économie d’IS équivalente à la déduction appliquée au taux d’IS en vigueur (25 % en 2026).
Girardin IS vs Girardin Industriel : quelles différences ?
Il est essentiel de bien distinguer le Girardin IS (article 217 undecies) du Girardin Industriel particulier (article 199 undecies B). Même si les deux dispositifs reposent sur le même principe économique (financer l’Outre-mer en échange d’un avantage fiscal), leurs mécanismes fiscaux sont fondamentalement différents.
Pour quelles sociétés le Girardin IS est-il intéressant ?
Le Girardin IS devient particulièrement pertinent pour les sociétés qui génèrent un résultat imposable significatif et qui souhaitent à la fois optimiser leur fiscalité et orienter leur trésorerie vers un investissement productif plutôt que de payer l’intégralité de leur IS. Voici les profils types qui bénéficient le plus du dispositif :
- SAS / SASU avec un résultat imposable élevé : à partir de 100 000 € de bénéfice, l’IS annuel dépasse 25 000 €. Le Girardin IS permet d’effacer une grande partie de cette charge fiscale.
- Holdings patrimoniales : les sociétés holdings animatrices peuvent utiliser le Girardin IS pour optimiser la fiscalité des dividendes remontés de leurs filiales.
- PME industrielles et de services : les sociétés dégageant des bénéfices récurrents peuvent intégrer le Girardin IS dans leur planification fiscale annuelle.
- Sociétés ayant une trésorerie excédentaire : le Girardin IS est une alternative au paiement sec de l’IS, avec un impact positif sur l’économie ultramarine.
- Groupes intégrés fiscalement : la déduction Girardin peut être appliquée au niveau du résultat d’ensemble du groupe.
Comment fonctionne le Girardin IS en pratique ?
Le fonctionnement du Girardin IS pour une société repose sur 5 étapes clés, qui mobilisent votre expert-comptable et un monteur Girardin spécialisé dans les opérations IS.
Étape 1 : Identification du besoin fiscal
Avec votre expert-comptable, vous évaluez votre résultat prévisionnel et donc votre impôt sur les sociétés attendu pour l’exercice. C’est sur cette base que sera dimensionné l’investissement Girardin à réaliser.
Étape 2 : Souscription à une opération Girardin IS
Votre société souscrit à une opération auprès d’un monteur Girardin agréé (Inter Invest, Profina, Ecofip, Sintorin, OSEOM Finance, etc.). Elle devient associée d’une société de portage qui va acquérir un équipement productif destiné à l’Outre-mer.
Étape 3 : Acquisition et location de l’équipement
La société de portage achète l’équipement (matériel industriel, véhicule professionnel, équipement photovoltaïque, engin agricole, etc.) et le loue à une entreprise exploitante ultramarine pendant une durée minimale de 5 ans.
Étape 4 : Déduction fiscale au niveau de la société
Votre société déduit de son résultat imposable le montant de l’investissement productif réalisé par la société de portage, à hauteur de sa quote-part. Cette déduction s’opère directement sur la liasse fiscale (formulaire 2065) de l’exercice concerné.
Étape 5 : Sortie de l’opération à 5 ans
Au terme des 5 ans d’engagement, le matériel est généralement cédé à l’exploitant ultramarin pour une valeur symbolique. Votre société sort de la structure de portage sans incidence fiscale supplémentaire, à condition que les obligations d’exploitation aient été respectées sur toute la durée.
Exemple chiffré : Girardin IS pour une SAS
Prenons l’exemple d’une SAS française qui dégage un résultat imposable de 200 000 € sur son exercice. Sans dispositif d’optimisation, l’impôt sur les sociétés à payer serait d’environ 50 000 € (taux normal IS à 25 %).
Bilan : la SAS économise 37 500 € d’IS en orientant 150 000 € vers un investissement productif Outre-mer au lieu de régler son IS sèchement.
Avantages du Girardin IS pour une société
- Aucun plafond spécifique : contrairement au Girardin Industriel particulier (plafond de 52 941 € par an), le Girardin IS n’est pas soumis au plafond des niches fiscales. Une société peut investir plusieurs centaines de milliers d’euros.
- Optimisation directe de l’IS : la déduction s’impute sur le résultat imposable et réduit mécaniquement l’impôt à payer au taux d’IS en vigueur (25 %).
- Pilotage fiscal annuel : le dispositif permet de lisser la charge d’IS sur plusieurs exercices en adaptant l’investissement Girardin au résultat de chaque année.
- Impact RSE et image de marque : investir dans l’Outre-mer français contribue à votre démarche RSE et peut être valorisé dans votre communication auprès des clients, salariés et partenaires.
- Trésorerie utile au lieu d’impôt « sec » : plutôt que de verser directement l’IS au Trésor public, votre société finance un actif productif participant à l’économie réelle.
Risques et points de vigilance du Girardin IS
Comme tout dispositif de défiscalisation, le Girardin IS comporte des risques spécifiques qu’il convient de bien appréhender avant de s’engager.
- Durée d’engagement de 5 ans : contrairement au Girardin Industriel particulier (engagement d’1 an pour l’investisseur), le Girardin IS suppose que votre société maintienne sa participation dans la structure de portage pendant au moins 5 ans. C’est un immobilisation de long terme.
- Risque de requalification fiscale : si l’entreprise ultramarine exploitante ne respecte pas ses obligations (exploitation effective, maintien du matériel, etc.), l’administration fiscale peut remettre en cause la déduction et demander le remboursement de l’économie d’IS.
- Responsabilité d’associé : selon la structure juridique de la société de portage (SNC ou SAS), votre société peut être exposée à une responsabilité illimitée. Privilégiez les montages en SAS qui limitent la responsabilité aux apports.
- Complexité comptable : la déduction Girardin IS nécessite un traitement comptable et fiscal spécifique. Votre expert-comptable doit être familiarisé avec le dispositif pour sécuriser votre liasse fiscale.
- Agrément fiscal obligatoire au-delà d’un certain montant (250 000 € par programme), nécessitant un délai d’instruction par la DGFiP.
Comment mettre en place une opération Girardin IS ?
La mise en place d’une opération de Girardin IS nécessite l’intervention coordonnée de plusieurs acteurs : votre expert-comptable, un courtier indépendant comme Invest’Aide, et un monteur Girardin spécialisé dans les opérations IS. Voici les étapes à suivre :
- Audit fiscal préalable avec votre expert-comptable pour estimer le résultat imposable et l’IS prévisionnel
- Définition du montant à défiscaliser en fonction de votre stratégie patrimoniale et de votre trésorerie disponible
- Sélection d’un monteur Girardin IS adapté (tous les monteurs ne proposent pas d’opérations IS, privilégiez ceux qui ont une expérience avérée sur ce segment)
- Validation du montage par votre expert-comptable et intégration dans la liasse fiscale de l’exercice
- Souscription avant la clôture de l’exercice : l’investissement doit être réalisé avant le 31 décembre pour être déductible du résultat de l’année
- Suivi sur 5 ans : votre société reste associée de la structure de portage jusqu’à la sortie de l’opération
FAQ — Girardin IS
Le Girardin IS est-il réservé aux grandes entreprises ?
Non. Toute société soumise à l’impôt sur les sociétés peut bénéficier du Girardin IS, qu’il s’agisse d’une TPE, PME ou d’une société plus importante. En pratique, le dispositif devient économiquement pertinent à partir d’un résultat imposable d’environ 50 000 €, soit un IS d’environ 12 500 €.
Peut-on cumuler Girardin IS et Girardin Industriel particulier ?
Oui. Un dirigeant de SAS peut parfaitement cumuler les deux dispositifs : le Girardin IS au niveau de sa société (pour réduire l’impôt sur les sociétés) et le Girardin Industriel au niveau personnel (pour réduire son impôt sur le revenu sur ses revenus de dirigeant, dividendes ou autres). Les deux mécanismes sont indépendants.
Quelle est la différence entre Girardin IS et amortissement classique ?
L’amortissement classique étale la déduction d’un bien sur sa durée d’utilisation (5 à 10 ans généralement). Le Girardin IS permet une déduction immédiate de l’intégralité du montant investi sur l’année de souscription, ce qui génère un avantage fiscal bien plus rapide et concentré. C’est la grande force du dispositif pour les sociétés qui cherchent à réduire fortement leur IS sur un exercice donné.
Quels secteurs sont éligibles au Girardin IS ?
Les secteurs éligibles sont proches de ceux du Girardin Industriel particulier : industrie, agriculture, pêche, BTP, tourisme, énergies renouvelables, transports, artisanat. Certains secteurs sont exclus : commerce de détail, services financiers, conseil, professions libérales. Le bien financé doit être utilisé de manière effective et continue par l’entreprise ultramarine exploitante.
Faut-il un agrément fiscal pour le Girardin IS ?
Oui, pour les opérations dont le montant dépasse 250 000 € par programme d’investissement. L’agrément est délivré par la Direction générale des Finances publiques (DGFiP) après examen du dossier. Les monteurs spécialisés prennent en charge cette démarche dans le cadre de la structuration de l’opération. Pour les opérations inférieures à ce seuil, aucun agrément préalable n’est nécessaire.
Conclusion : le Girardin IS est-il fait pour votre société ?
Le Girardin IS est un outil d’optimisation fiscale puissant mais encore trop peu connu des dirigeants de SAS, SASU et SARL. Il permet de transformer une charge d’impôt « sèche » en un investissement productif utile à l’économie ultramarine, tout en générant une économie d’IS substantielle. Il est particulièrement adapté aux sociétés bénéficiaires qui cherchent à piloter activement leur fiscalité et à s’inscrire dans une démarche d’investissement responsable.
Chez Invest’Aide, nous accompagnons les dirigeants de sociétés dans la mise en place d’opérations Girardin IS depuis la sélection du monteur jusqu’au suivi de l’exercice. En tant que courtier indépendant, nous comparons les offres des différents opérateurs et vous orientons vers la solution la plus adaptée à votre profil fiscal et à votre stratégie d’entreprise. Contactez-nous pour un rendez-vous gratuit et confidentiel.
Votre société paie trop d’IS ?
Parlons-en. Nous analysons votre résultat et chiffrons votre économie potentielle en Girardin IS sous 48h.
Prendre rendez-vous →